Mercredi 23 avril 2008 3 23 /04 /Avr /2008 21:58

Souvent en lisant la presse cinéma et vidéoludique on peut lire : "Dans cet opus", "cet opus de la série", "un opus de bon augure" ou encore "cet opus est une suite directe..."

Et bien ça, ça me hérisse le poil.

Ce mot est utilisé à tort et à travers et ne peut pas être employé quand on parle de jeux vidéo ou même de films ou encore de bouquins.

"Opus" ne peut être employé qu'en parlant d'une oeuvre d'un compositeur de musique.

Il peut aussi être employé si l'on parle d'architecture, mais en jeux vidéo, en cinéma ou encore que sais-je ? Niet !

La langue française est formelle, ce mot n'a pas ce sens que les journaleux en manque de masturbation intellectuelle veulent lui donner.

Et ce mot je l'entend plus d'une fois par jour dans le milieu et plus je l'entend plus je me dis que les gens sont des péons incapables de réfléchir, régurgitant par mimétisme les mêmes inepties qu'ils ont entendues avant.

Que les choses soient claires ! Et réhabilitons le mot "Opus" en le boycottant du monde des jeux vidéo..

En cadeau voici la définition de ce mot selon Lexilogos :



OPUS,
subst. masc.
A.MUS. [Indication, suivie d'un numéro, utilisée pour désigner un morceau de musique dans le catalogue de l'oeuvre complète d'un compositeur; abrév. op.] Beethoven, Fidelio, op. 72. La Viviane de Chausson, poème symphonique opus 5 (Du Bos, Journal, 1924, p.221).
B. −1. Opus citatum et, p. abrév., op. cit. [Formule utilisée pour renvoyer à un ouvrage déjà cité] «(...) le droit restitutif (...) se rattache à un idéal collectif plus souple, admettant sa particularisation» (op. cit., pp.33-209) (Traité sociol., 1968, p.178).
2. Opus laudatum et, p. abrév., op. laud. [Formule utilisée pour renvoyer à un ouvrage déjà cité avec éloges] Le sabir franco-occitan que M. Brun décrit op. laud., pp.417-419 (J. Séguy, Le Fr. parlé à Toulouse, 1978 [1950], p.7).
C.ARCHÉOL., ARCHIT. [Suivi d'un qualificatif lat.; désigne le mode d'agencement des matériaux dans une maçonnerie]
Opus antiquum ou incertum. Empilage de blocs irréguliers, de moellons bruts sur mortier. Si on n'a que de la pierre dure ou demi-dure, on exécute les parements en maçonnerie brute, à opus incertum, avec les moellons qu'on trouve dans le pays (Bricka, Cours ch. de fer, t.1, 1894, p.132). La maçonnerie de moellons du parement extérieur avait été faite en opus incertum (Quinette de Rochemont, Trav. mar., t.1, 1900, p.112).
P. anal. ,,Dallage à forme irrégulière disposé de façon à constituer un chemin au travers d'une pelouse`` (Bén.-Vaesk. Jard. 1981).
Opus francigenum. Style de construction des architectes gothiques d'Île-de-France. Le véritable opus francigenum, (...) ce ne sont pas tant les anges de pierre de St-André-des-Champs que les petits Français, nobles, bourgeois ou paysans, au visage sculpté avec cette délicatesse et cette franchise restées aussi traditionnelles qu'au porche fameux mais encore créatrices (Proust, Guermantes 2, 1921, p.409).
Opus reticulatum. ,,Ouvrage dans lequel les pierres taillées carrément se présentent en losanges et donnent pour lignes de jointure des diagonales`` (Noël 1968). L'opus reticulatum, ou de riches appareils entremêlés de terre cuite, se développent sur [les premières] façades [latérales byzantines] (Lenoir, Archit. monast., 1852, p.274).
Opus spicatum. Matériau formé d'éléments disposés obliquement, en épis (d'apr. Perraud 1963).
Prononc. et Orth.: [ɔpys]. Plur. des opus. Étymol. et Hist. 1. 1852-56 archéol. «(accompagné d'un qualificatif lat.) désigne divers modes d'agencement des matériaux dans une maçonnerie» opus reticulatum (Lenoir, loc. cit.); opus alexandrinum (Id., ibid., p.122); 1870 opus incertum (Mérimée, Ét. arts Moy. Âge, p.6); 2. 1832 mus. «(suivi d'un numéro) désigne une composition dans l'oeuvre d'un musicien» le plus souvent sous la forme abrégée op. (Chopin, Mazurkas, op. 6 et 7 ds Hist. de la mus., sous la dir. de Roland-Manuel, II, p.1657); cf. 1924 le trio op. 3 [de Chausson] (Du Bos, loc. cit.). Mot lat. signifiant «ouvrage fait avec les mains, ouvrage militaire; ouvrage de l'esprit»; a servi dès le xvie s., en partic. en Italie, à désigner une composition musicale, et à partir du xviie s. également en Allemagne, sa situation chronologique dans l'ensemble des oeuvres imprimées d'un compositeur. D'abord réservée à la musique instrumentale (cf. en 1617 l'Affetti musicoli de Biagio Marini qui est l'Opus 1 de ses pièces instrumentales), cette manière de dresser un catalogue thématique des oeuvres d'un compositeur, a été aussi utilisée pour des oeuvres vocales (cf. Le Roi des Aulnes de Schubert écrit en 1814 qui ouvre la série des lieder avec le no d'opus 1, v. D. Fischer-Dieskau, Les Lieder de Schubert, tr. M.-Fr. Demet, Paris, R. Laffont, p.193); ce n'est que depuis Beethoven [1770-1827] que la plupart des compositeurs marquent eux-mêmes d'un numéro d'opus leurs oeuvres essentielles, soit lors de leur composition soit lors de leur publication (Mus. 1976). Fréq. abs. littér.: 267. Fréq. rel. littér.: xixe s.: a) 19, b) 71; xxe s.: a) 1053, b) 446.

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Commentaires

Et que ça vous serve de leçons boudiou...
Commentaire n°1 posté par Dr.Lakav le 23/04/2008 à 22h07
Le plus drôle, c'est quand on l'entend dans son pluriel latin. Le comble.
Commentaire n°2 posté par Game A le 23/04/2008 à 22h37
on en apprend tous les jour, il va falloir que je refasse le tour de mon site avec le nombre de Rockman sorti, j'ai bien peur que le Mot tabou soit un peut partout ^^'
Commentaire n°3 posté par UMX le 23/04/2008 à 23h21
Merci Doc pour ce quart d'heure culturel. Ca fait du bien un peu d'intelligence sur le net.
Commentaire n°4 posté par Nezumi le 24/04/2008 à 02h52
Je pense qu'ils s'entrainent à le dire en attendant la 8ème suite d'un jeu... pour pouvoir l'appeler octopus (J'ai honte de moi là...) Enfin, c'est bien sympathique comme info en tout cas.
Commentaire n°5 posté par Vampireness le 24/04/2008 à 08h59
C'est noté ;)
Commentaire n°6 posté par Maïane le 24/04/2008 à 09h22
Okay, enregistré.
Commentaire n°7 posté par X4713R le 24/04/2008 à 09h31
Mais on a quand même le droit de l'utiliser pour compter les marchés, opus?
Commentaire n°8 posté par krapo le 24/04/2008 à 10h49
Moi jaime pas non plus le mot "japonisant"...
Commentaire n°9 posté par sébastien le 24/04/2008 à 17h42
Ok doc. Je note :D.
Commentaire n°10 posté par Shin le 25/04/2008 à 01h08
+1 Moi ce qui m'énerve c'est le mot "digitale", génération "digitale", fait une "digit" de DV. N'importe quoi... on CAPTURE de la DV puisuqe quand bien même le mot "digitaliser" existait en français et signifait "numériser", Le DV c'est déjà un format numérique !!!! On numérise pas un signal numérique !!! non mais... a toute ! Clem
Commentaire n°11 posté par Clem le 29/04/2008 à 14h18
Voilà je m'énerve, mon coeur lâche et je fais plein de fautes... m-_-m
Commentaire n°12 posté par Clem le 29/04/2008 à 14h21
A noter la petite référence à ce coup de gueule sur l'opus par Julien Pirou dans un Rétro & Magic. ;)
Commentaire n°13 posté par Mael le 08/05/2008 à 01h21
Mais alors? Peut-on dire " Je suis allé au marché Opus" ?
Commentaire n°14 posté par Jibé le 09/05/2008 à 14h35
Mais alors, peut-on dire : " Je suis allé au marché OPUS" ?
Commentaire n°15 posté par Jibé le 09/05/2008 à 14h36
Euh mec révise ton dico, et ne te réfère pas à une seule référence (qui de surcroit ne précise pas qu'on ne peut pas l'employer dans d'autres domaines) car on peut tout à fait utiliser le mot 'opus' pour désigner n'importe quel type d'oeuvre existant. Merci de bien te renseigner avant de pousser ton coup de gueule la prochaine fois, que celà ne soit pas dans le vent ;)
Commentaire n°16 posté par Killy le 04/11/2008 à 11h52
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